mardi 19 avril 2011

Moorea


Tout d’abord la semaine dernière les 7 et 8 Avril étaient consacrés à des “journées de la crevetticulture”. Toutes les personnes ayant un lien avec la production de crevettes étaient réunies dans une même salle. Nous pouvions voir tous les professionnels, les gens de l’Ifremer, et même les politiques, à savoir le ministre local de la pêche (il y a un gouvernement à part entière ici) et ses conseillers. Il y avait tout au plus une trentaine de personnes.
Ca a commencé par un très long discours du ministre qui a parlé de tout et de rien, mais surtout de rien…le type était extrêmement soporifique, j'ai lutté pour ne pas piquer du nez.

Donc mes collègues  Shital, Mauricio et Jean Goguenheim (le responsable du secteur aquacole) ont fait des présentations des méthodes d’élevage et des nouvelles informations (trouvés grâce au travail de l’Ifremer) concernant la zootechnie des crevettes, puis il y a eut un débat.
C’était intéressant.
Le ministre a quand même montré l'exemple en discutant à haute voix avec ses conseillers pendant la présentation de mes collègues. On entendait que lui. 
(Pierrick, j'avais très envie de faire une Guerre-Genton, mais je crois que ça ne l'aurait pas fait).
Cela fait déjà quelques mois qu’une douzaine de personnes du centre prépare une course de pirogue, cette course est plutôt réputée dans le coin, il s’agit de rejoindre Moorea depuis Papeete. Une équipe de 6 fait l’aller et l’autre fait le retour. Vous aurez compris qu’il y a 6 personnes sur une pirogue.
Il faut quand même compter 2h30 pour faire l’aller.
2 types de l’Ifremer ont fait l’aller et le retour, puisque deux des gars au retour n’ont pas tenu le coup. Vu l’effort nécessaire juste pour l’aller, c’est incroyable de faire l’aller-retour.

La pirogue des collègues qui part en direction de Moorea


On est donc allé voir l’arrivée finale à Papeete. Super ambiance. L’équipe a finalement fini 13/17, trois des quatre équipes derrière eux ont abandonné. Annoté que les tahitiens sont les meilleurs du monde en pirogue, apparemment ils gagnent chaque année les championnats du monde. Ils sont excellents en sport en général mais j’y reviendrais.

Les premières pirogues sont arrivées au alentour de 12h30, celle de l’Ifremer est venu à bout de la course vers 13h15.
Nous avons donc eu le temps de faire le marché de Papeete, assez grand mais pas non plus exceptionnel, pas mal de poissons différents, également une bonne variété de fruits.
Surtout énormément de vente de perles, le problème c’est que Papeete est bien plus touristique que Vairao, et comme les touristes ont un « prix spécial », je préfère les acheter ailleurs. Quand les prix sont affichés en €, ce n’est pas bon.

Peu après nous avons pris le ferry pour Moorea, avec la voiture à Vincent (prêté par son entraîneur de rugby) pour pouvoir bouger facilement sur place.
On apprend au moment de commander les billets qu’il n’y a plus de retour le dimanche soir, on prend l’option départ lundi 5h20 (donc lever à 4h00), la première journée de travail de la semaine s’annonce fatigante.

On part donc avec Vincent, Jérémy, Kévin et moi. 


Jérémy a réservé 6 places (2 autres personnes nous rejoignent dont Clémence, la copine à Vincent qui était déjà venu avec nous pour une randonnée) sur un motu nommé le Lagoonarium. Un motu est un petit îlot au large des grandes îles, ils sont très nombreux.


Le lagoonarium est un îlot particulier, très touristique, il faut le reconnaître. Les propriétaires ont fait construire sur leur motu une dizaine de petits cabanons dont un avec une cuisine, un frigo etc…La principale attraction est qu’ils nourrissent depuis plusieurs années les poissons du lagon, et au moment des nourrissages on peut voir une concentration de poissons, requins et raies très impressionnante. Il prête masque-tuba, et on peut observer les bestioles sous notre nez.
Voici une photo du motu, on peut voir les cabanes.

On part donc avec nos 9 litres de bières et 3 litres de rhum en pirogue en direction du motu.;)
On apprend que l’on sera les seuls sur le motu cette nuit mis à part deux personnes qui sont là pour gérer le motu.

Dès notre arrivée direction le lagon, je suis déjà très impressionné par le nombre et la variété de poissons observés…et je vois 3 requins (2 « pointes noires » et un « pointe blanche »).
Je reconnais que quand je suis tombé sur cette bestiole alors que je cherchais des petits poissons ça m’a fait un choc…
Mais j’avais été prévenu de leur inoffensivité et puis ils ne sont pas non plus trop grands (le plus grand que j’ai vu devait faire 1,5 m), j’ai tenté une approche sans grand succès, c’est encore plus craintif que les petits poissons… ;)
Quelques photos du lagon prises par Kévin, il a un appareil qui va sous l'eau (le même que toi Jason).
L'image est floue, mais c'est bien un requin.

La nuit arrive vite, on commence l’apéro tout en préparant le repas, au menu : barbecue avec thon et poulet avec du riz bien sûr. Un régal.

La soirée était particulièrement amusante et les nombreux ti’punch ont fait en sorte qu’on rigole bien. Super soirée finie vers 3-4h.
Quelques heures plus tard nous étions levés (dur de dormir, le soleil se lève à 5h30-6h00 et à 7h30 ça chauffe déjà même dans les cabanons).

On a attendu tranquillement 11h30, l’heure du nourrissage en surfant des vagues avec des kayaks, chavirage garanti, rigolade aussi. Seul problème, on est dimanche, les visiteurs arrivent en masse pour le nourrissage.
Lors du nourrissage nous devions être une trentaine dans l’eau au même endroit…J’ai bien fait d’y aller la veille, c’était beaucoup plus agréable.
C’est vrai qu’on a quand même pu voir beaucoup plus de poissons, une dizaine de requins de très près ainsi que des raies énormes, eux aussi voulaient leurs parts du gâteau, des sardines en l’occurrence.

Nous voilà déjà parti du motu, et cette fois-ci pour une plage de sable blanc réputée, nommée « Tipanier », et effectivement magnifique. Il ne fait pas très beau et du coup pas trop de monde. On s’installe et on dort, exténués par notre dure nuit…et réveillés quelques temps plus tard par une grosse averse.

Peu avant, on a mangé un morceau sur une sorte terrasse avec vue sur le lagon, splendide :
 La terre que l'on voit au large, c'est Tahiti.


Il est alors 16h00, et on a juste le temps d’aller dans un hôtel luxueux, où l’on part observer librement 3 dauphins. Ils sont dans un bassin en attendant leurs spectacles réguliers pour les clients. Je crois avoir déjà vu des dauphins mais je ne me rappelais absolument pas que c’était un animal aussi puissant. Ceux que l’on a vu ne devait pas faire plus de 3 m. et pourtant ils respiraient la puissance avec des nages très rapides et des accélérations impressionnantes.

La pauvre bestiole avait vite fait le tour de sa cage, ça fait un peu mal au cœur de les voir là-dedans.

Juste à côté il y avait un centre de soin pour les tortues marines. Donc on en a vu pas mal. L’une d’elle était assez grosse, de l’ordre de 1 m de diamètre, elle ne bougeait pas et au vu de la mousse poussant sur sa carapace elle ne devait jamais bouger. J’ai appris par la suite qu’elle avait une bulle d’air dans sa carapace, lui interdisant de plonger et de bouger. Elle était là depuis longtemps.

La mère à Clémence et son beau-père sont venus à Tahiti, et ont loué une petite maison à Moorea. Nous avons fait à nouveau un barbecue chez eux. Jérémy nous a fait découvrir l’ « uru » (il s’agit en faite du fruit à pain, commun dans les Antilles) cuit dans les braises, un goût de châtaigne, très bon.

Nous avons ensuite passés la nuit ou presque dans un camping, jusqu’à 4h00 du matin…

La journée n’a finalement pas été trop difficile, la tête pleine de bons souvenirs.
Désolé pour ma tête, c'est la seule que j'ai avec (quasiment) tout le groupe, Kévin ayant pris la photo.
Jérémy est au centre, Vincent à droite.
Il y en aura d'autres des mieux.
Bientôt la randonnée que j'ai fait ce week-end, on a dormi dans un refuge luxueux, super week-end.






mardi 5 avril 2011

Rando sympa, oursin moins sympa

Alors ce week-end, il n’y avait pas grand chose de prévu sinon que l’on devait partir en kayak jusqu’à la barrière de récifs (vous avez vu la photo du lagon, donc vous savez où nous devions allés) avec de grosses vagues en perspective.

Le problème de ces vagues est principalement le fait qu’elles s’écrasent directement sur la barrière de récifs, c’est très dangereux pour les surfeurs (surtout ceux de Méditerranée comme Kévin, il en prend plein la tête tout le temps avec ça). ;)
Mine de rien, ça faisait 4-5 Km en kayak.

Sauf que vendredi soir, soirée bien arrosée…mis à part Kévin qui est rentré vers 22H, on s’est couché très tard (vers 3h du matin). Bon je ne voulais pas décevoir Kévin qui était archimotivé : départ (difficile) 8h comme prévu…Comme je m’y attendais, nous n’étions que tous les deux...

Bon on part, je vais pour mettre mon kayak dans l’eau je le pousse bien fort dans l’eau avec de bons appuis au sol, et tout à coup une vive douleur dans le pied…j’ai écrasé un oursin…
Il faut reconnaître que ça fait quand même bien mal sur le coup.

Je suis quand même parti faire du kayak et la douleur s’est estompée un peu étant donné que je n’utilisais plu mes pieds. On est donc allé voir les gigantesques vagues, Kévin malgré qu’il ait pris son surf, a opté pour la voie de la raison, c’est-à-dire ne pas s’approcher des vagues…



On repart. Kévin a le mal de mer…Alors que c'était bien parti pour que je râle et ralentisse le duo à cause de mon pied douloureux, c’est bien lui qui tint ce rôle avec son mal de mer. :)

J’avais presque oublié ce qu’il m’était arrivé jusqu’à ce que je mette le pied à terre…
Bon je vais voir le gardien en boitant, il m’a sorti le fameux truc que je savais déjà, pour couper la douleur, uriner dans une bassine et mettre le pied dedans…

J’ai considéré que la douleur n’était pas assez intense pour que je me pisse dessus… !:)Je n'aurais pas perdu mon honneur sur un misérable oursin.

Donc j’ai mis un peu d’alcool (mon baume après-rasage en faite...:)) et tenté en vain d’enlever les épines (elle sont fines, sèches et bien enfoncées).

Au soir, Emilie m’a conseillé de mettre mon pied dans l’eau chaude salée, ce que j’ai fait. Mais même après ça, les quelques tentatives sadiques de mes collègues de m’enlever les épines à la pince à épiler ont été un fiasco.
Je leurs ai dit que j'allais me débrouiller tout seul quand ils ont fait la proposition de faire des incisions au scalpel. Bon on a bien rigolé, c'est l'essentiel.

Grégoire, un de types de la colocation des VAT (Volontariat d'Aide Civil, remplace le service militaire) m’a soulagé en annonçant qu’il avait lui aussi marché sur un oursin,il a gardé les épines.
Ce n'est apparemment pas gênant, elles partent quand elles partent.

J’ai quand même voulu essayer un truc, mon idée les a bien fait marré : j’ai récupéré l’argile qu’utilise Emilie pour se faire des masques pour le visage, pour me le mettre sur le pied. Mais ça a été un échec.
Rien n'est sorti.

J’ai insisté pour faire la randonnée du lendemain les persuadant que je ne les ralentirais pas.
On a fait plus de 3 h de randonnée et globalement cela s’est bien passé, il y a avait juste des angles qui faisaient plus mal que d’autres.

La randonnée était comme souvent avec Kévin, Vincent, Damien, le groupe de d’habitude, et il y avait également une copine à Vincent, une certaine Clémence (elle est en stage pour une école d'ingénieur dans l’environnement, elle fait ses études en Norvège).

Vincent a déjà réussi à se faire une place dans un club de rugby, il a fait son premier match samedi après-midi, ils ont gagné 48-7, il a mis un essai, c’est lui qui bottait. Enfin bon, il va rejouer quoi.







Le chemin était sur des crêtes très fines (tout au plus 1.5 m de large) avec de raides pentes sur les côtés.
Magnifique.
Voilà le côté mer.

















Et le côté terre.

Voilà le petit groupe, vous reconnaîtrez de gauche vers la droite : moi, Damien, Clémence et Vincent.




La crête par laquelle on est arrivé.


La rando terminée, on devait aller manger, mais rien d’ouvert le dimanche même dans la capitale de la Polynésie Française.
On a quand même trouvé des salades dans un petit shop.

On a mangé à la Pointe de Vénus, une pointe de sable noir se jetant dans la mer. Malheureusement c'était la caricature totale, difficile de trouver une place pour mettre sa serviette tellement qu'il y a de monde...Il en faut pour tous les goûts...
On n'est pas resté trop longtemps.

Je m’améliore déjà en ukulélé avec Tamu ! :)

mercredi 30 mars 2011

Mes talents de pêcheur

Alors ce week-end, nous n'avons finalement pas fait grand chose, la sortie pêche avec Jean-Yves a été annulée.

Le matin j'en emmené mes deux collègues (Kévin et Vincent) en haut de la montagne (les fougères).
J'appréhendais un peu qu'ils n'apprécient pas trop les fougères mais le chemin était déjà tout tracé (par mon dernier passage) et ils avaient tous les deux une bonne motivation (ils ont vu mes photos) et une bonne condition physique.

Nous sommes ensuite allés à l'anniversaire de William, le cuisinier.
On est arrivé vers 20h30, la fête avait commencé vers midi, je vous laisse imaginer l'état de William et ses copains quand on est arrivé...

Ils faisaient tous de la musique, un jouait de la guitare, un autre du ukulélé et le dernier de la "contrebasse" (façon poétique de désigner une grosse poubelle noire retournée et dont le fond est troué au centre pour y passer une corde ; celle-ci est reliée à un bâton; William pose son bâton sur le bord du fond de la poubelle en tendant la corde, il gratte dessus).
J'aurais du faire une photo, car ça ne me paraît pas très explicite.

Tous chantaient et franchement c'était bien.
On est resté manger et on est reparti juste après, sans avoir trop trinqué.

Le lendemain, on est allé voir le match de foot légendaire Teahupoo-Vairao avec Tamu (un des gardiens) et Jérémy, deux villages voisins mais où règne une rivalité sans égal.
Grosse ambiance type Vallières-Rumilly (mon village et celui d'à côté).

Bon il ne faut pas se leurrer, ils jouaient comme des pieds et on était en plein cagnard, c'était assez long quand même.:)

Vairao a perdu 2-0, j'étais sensé supporter cette équipe puisque j'y habite.
Bref, ça a occupé l'après-midi.

Venons-en au titre de mon message: hier je suis allé pêcher avec Jérémy (un breton en service civile qui a fait un Master en biologie marine, entre le Chili, l'Espagne et la France, comme il a également fait un stage de 6 mois en Ecosse, il est trilingue...son travail consiste à faire de la biologie moléculaire à l'Ifremer).

Proportionnellement, il est aussi gros consommateur de bière qu'il est compétent dans son boulot...Il est très compétent...;)

On rigole bien avec lui.

Après m'avoir posé un lapin Lundi, il est venu me chercher Mardi à 5h du matin. On a pêché le chinchard à la mitraillette...
Ce qu'on appelle la mitraillette est la manière de pêcher, c'est une canne avec une ligne sur laquelle on a une bulle d'eau, et 5 hameçons avec quelques morceaux de plumes dessus.
La ligne flotte grâce à la bulle d'eau, et on ramène rapidement la ligne (comme à la cuillère). Théoriquement, comme il y a 5 hameçons, on est sensé capturer au moins 3 poissons en une fois et 5 au maximum...

Bon on avait deux cannes mais l'une d'elles était vraiment ancienne et inutilisable (au bout de seulement quelques minutes, j'avais un gros tas de nœuds près du moulinet, j'ai passé plus de temps à le défaire qu'à pêcher...).
On a tourné, Jérémy m'a filé la bonne canne.

Au bout de quelques lancés, ça y ait ça mord ! Je ramène le poisson, je le sors de l'eau, il pend devant mes yeux et avant même que je puisse le toucher il se décroche et retombe à l'eau...!AAAh !On se regarde avec Jérémy...dégoûté quoi...!
Notre unique poisson se décroche sous notre nez...!

Bon heureusement, j'en a attrapé un autre dans la foulée que j'ai pu ramené.

Inutile de vous dire que les nombreux pêcheurs autour de nous se payaient bien notre tête quand ils nous demandaient combien de poissons on avait attrapé.
Le chinchard est un petit poisson, et le but est d'en pêché beaucoup...Ils avaient tous rempli leurs seaux de poisson.
C'est une tradition ici, à 5 h du matin il y avait déjà du monde sur le quai, les tahitiens viennent pêcher et mangent ensuite leurs poissons au petit déjeuner.

Tamu m'a donné une recette de cuisine après avoir bien rigolé de ma mésaventure...

Ce même Tamu joue très bien du ukulélé, il m'a fait un petit concert privé en chantant, superbe...
Le problème c'est qu'il voulait absolument que je chante, comme il fait avec tous les stagiaires. Il a finalement trouvé une chanson que je connaissais "étoiles des neiges" (un comble pour un tahitien), j'ai chanté pendant qu'il faisait du ukulélé.
J'ai pris sur moi, me sentant absolument ridicule...

Lui ne semblait pas mécontent du résultat décrétant que j'avais l'"oreille musicale"...
Je suis apparemment la deuxième personne qu'il a réussi à faire chanter.

Ensuite il a voulu que je joue du ukulélé...le carnage total, mais il a l'air d'attendre de beaucoup de moi, puisqu'il me l'a prêté pour m'entraîner !
Il m'a quand même dit de faire très attention en comparant le soin à apporter à l'instrument au soin qu'apporte les militaires à leur famas (il a très certainement fait l'armée).

Bon, je ne veux pas le décevoir, je m'entraîne mais c'est pas évident de sortir un son qui n'est pas comparable à du bruit mais à de la musique...

Hier soir, je n'ai finalement pas mangé mon poisson, on a fait un échantillonnage de crevettes en en sacrifiant une centaine. Emilie me les a donné.
On s'est rempli le cornet de crevettes (pour les personnes ne maîtrisant pas forcément l'argot du père de famille, cette expression signifie qu'on a bien mangé);)avec une sauce curry, un délice.

Désolé pas de photos, j'en ai pris mais malheureusement, j'ai oublié de remettre ma carte SD dedans, les photos sont donc dans l'appareil photo et je n'ai pas le fil qui rejoint l'appareil à l'ordinateur...

Sinon, une dernière chose sur les toubib en polynésie: j'avais besoin d'un certificat médical et donc je suis allé voir un docteur, un parisien qui voyage beaucoup (on a pas mal discuté).
Bon je n'avais pas beaucoup de liquide sur moi, et je lui demande tout de suite combien ça va me coûter. La réponse est simplement plus que ce que j'avais...

Avant même de lui dire que je reviendrais plus tard, il me dit, c'est pas grave je te fais ton certificat, tu payeras plus tard !
J'en revenais pas, je suis sorti du cabinet avec mon certificat sans avoir donner un rond (je lui ai proposé de lui donner ce que j'avais, il n'a rien voulu savoir).
Il m'a dit que c'était une pratique courante ici, les gens n'ont pas beaucoup d'argent et paient quand ils peuvent.

Bon du coup, j'ai été réglo je l'ai payé rapidement.

A la prochaine !

jeudi 24 mars 2011

Petite randonnée, monnaie locale


A ce jour, rien de bien nouveau, un stagiaire supplémentaire est arrivé, il s’appelle Solenn (c’est bien un garçon).

Le week-end dernier, on a fait une petite randonnée dans la « pseudo »montagne, 150 m de dénivelé c’était pas trop violent. On était tous en tong, pendant un peu plus de 2 h.

Un échauffement pour la suite, de grandes rando en perspective !

On a vu quelques décors magnifiques notamment des cascades et des point de vue splendides(pas autant que la dernière fois donc pas de photo).
De gauche à droite : Vincent (stagiaire réunionnais qui est venu en métropole principalement pour le rugby dans le pays basques, il était dans les espoirs, il a fini par faire sa licence de biologie en métropole, dur de percer, il travaille sur l'huître perlière en laboratoire), Damien (ingénieur en service civile), moi-même et Kévin (stagiaire de Master en biologie moléculaire, de Montpellier, travaille aussi sur l'huître perlière).Il manque Emilie, c'est elle qui prenait la photo.

Mis à part ça, ça y ait j’ai visité l’écloserie de platax, un poisson assez étrange et difficile (c’est le début des recherches sur cette espèce donc pas mal de mortalités). J’ai appris qu’il subissait une métamorphose comme les turbots (c’est peut-être logique mais je n’en savais rien). Il passe d’un poisson tout à fait normal à un poisson plat (comme sur la photo). La métamorphose est le moment compliqué de l’élevage, beaucoup de mortalité (même si il n'y a pas de mues, je dis ça pour les éleveurs de phasmes ;)).

Mes collègues aquaculteurs reconnaîtront le fameux self-service ( il s'agit du cône en plastique vert que vous pouvez voir, pour les novices, cela s'appelle self-service puisque une barre métallique part du fond du cône, rempli de granulé, jusque dans le bassin : à chaque fois que les poissons tapent dans cette barre, des granulés tombent).
L'eau est pompé dans le lagon, et filtré avec notamment des UltraViolets qui permet d'éliminer toutes traces de bactérie/virus.

Sinon voici quelques photos de la monnaie locale :


Les pièces :

100F, 50 F, 20 F, 5F, 10 F (je ne sais pas pourquoi j’ai mis la pièce de 5 F avant celle de 10 F ?? étonnante stupidité… :) ) La pièce du dessous étant une pièce de 2 € comme vous avez pu le remarquer.
Sur chaque revers de pièce : Marianne. Il est noté Polynésie française mais ces pièces concernent également la Nouvelle-Calédonie.


Les billets, pour le moment seulement 500 F et 1000 F. Les seuls billets qui rentre convenablement dans le porte-feuille (les autres sont énormes).

Désolé, je n'avais pas de billets en euros, alors j'ai pris un dollar qui me restait, mais je ne suis pas sûr que ça vous aide tous, c'est un peu plus long et un peu plus fin qu'un billet de 10€. Je risque de les refaire avec une pièce ou un truc qui parle plus.

Le rond blanc que l'on voit sur chaque billet comporte une "marianne" de profil, on le voit par transparence.


A savoir que 100 F représente 80 centimes d’euro, on se retrouve vite avec des liasses dans le porte-monnaie.


Pour se déplacer, aller faire les courses par exemple (c’est à 10 Km), nous nous arrangeons pour partir avec les « service civile », ils ont 2 AX blanches Citroën complètement pourries et ils nous les prêtent si il faut.

La dernière fois Damien conduisait (on revenait du surf), et un policier s’est mis au milieu de la route et lui a fait signe de s’arrêter. La pauvre voiture n’a plus de freins, quand il a essayé de s’arrêter ça a fait un boucan monstrueux, il ne roulait pourtant pas très vite (il ne peut pas )…ça n’a pas échappé au flic qui a commencé à lui faire la morale... Damien a réussi à s’en « débarrasser » en casant dans la conversation que son père était dans la brigade, c’était vrai, joli coup, ça a marché…Il lui a finalement juste dit qu’il fallait changer les pneus alors qu'il était bien parti pour ne pas nous laisser repartir, mais malheureusement c’est la bagnole complète qu’il faut changer…


Enfin elles nous servent bien en tout cas ces deux petites Ax.



Samedi, c'est l'anniversaire du cuistot, on est tous invité, malheureusement si tout va bien, je devrais être à la pêche, on ne peut pas être partout. On verra bien.



 

mardi 22 mars 2011

samedi 19 mars 2011

Platax, phasmes et cuite...

Hier, j’ai re-attaqué à 6h du matin pour cette fois-ci faire un poids moyen de « platax », c’est un poisson local, qui s’est apparemment beaucoup raréfié car très consommé. C’est pour cette raison, qu’il y a des élevages sur l’île de Tahiti et ses alentours.
Donc pour mes collègues « aquaculteurs » et pour les autres aussi ;), voici des photos de ce fameux poisson qui peut apparemment atteindre plus d’un Kg, je ne connais pas encore toutes les données techniques. Très étonnant puisque il ressemble plus à un poisson d’ornement qu’à un poisson destiné à la consommation.
J’espère visiter l’écloserie de ce poisson d’ici peu de temps pour y voir les géniteurs.





Hier soir, on a renvoyé l’ascenseur à tous nos copains en service civile en fêtant notre crémaillère, dans les studios, soirée bien arrosée. Je me tape un mal de crâne à la John McClane...(une référence cinématographique...).
A midi, barbecue chez les mêmes types, Jérémy et Damien. Je crois avoir déjà parlé d'une famille de mexicain sur le centre (le père y travaille), et bien ils ont cuisiné des authentiques Tortillas, avec de la viande de boeuf cuit au barbecue, de la guacamole, et diverses sauces...Un délice.

Bon sinon en parlant plus sérieusement, j’ai donc trouvé les adultes des phasmes juvéniles précédemment découverts, en voici les photos. Pour le moment j’ai trouvé 4 femelles.
Cette espèce vit donc bien dans les cocotiers et j’ai pourtant trouvé, malgré la hauteur parfois gigantesque de cette plante (plus de 30 m.), de nombreux spécimens sur les quelques palmiers isolés poussant autour de chez moi et uniquement sur les feuilles accessibles visuellement.
Cela me laisse penser que la population de cette espèce est très importante, je devrais donc pouvoir trouver le mâle dans les jours à venir.
Dommage que cette espèce ne nécessite même pas des prospections en épaisse forêt...c'est quand même plus amusant.





Sur le même complexe que celui de l’Ifremer, il y a un établissement qui fait de la recherche sur la radioactivité. Hier matin on pouvait assister à une conférence principalement axée sur le Japon. C’était intéressant d’autant plus que j’avais des informations complémentaires de mon pote Damien. Il a fait une Prepa physique-chimie et est ingénieur. Il travaille actuellement sur les énergies et plus précisément sur les hydroliennes. Les rayons gamma, alpha beta et cie n'ont plus de secrets pour lui. Au-delà de ça, comme tous ici, il a fait pas mal de choses notamment travaillé au Danemark, aux Etats-Unis, passé 4 mois en Amérique du Sud…Et il doit avoir seulement 24 ou 25 ans…


Pour revenir à la conférence, j’ai appris que les japonais n’avaient que 3 jours pour arrêter le processus et que de nombreuses honorables personnes vont refroidir le réacteur en sachant pertinemment qu’ils vont y rester de part la radioactivité (d’après le conférencier, il faudrait une combinaison de 3 cm de plomb pour stopper les rayonnements) dans l’espoir de sauver des milliers personnes...honorable.
Tahiti n’a rien à craindre puisqu’il n’y a aucun échange entre l’hémisphère Nord et l’hémisphère Sud, (je fais référence au nuage radioactif qui pourrait se déplacer), la France étant sur le même axe, c’est plus risqué à long terme.

Enfin bon, on a appris un tas de choses intéressantes, c’était bien.

J’ai fini pour aujourd’hui, je félicite juste ma Mémé qui malgré ses connaissances préhistoriques en matières d’informatique (sans rancune Mémé) s’est quand même inscrite à la bibliothèque multimédia du coin pour pouvoir consulter mon blog, toute seule…respect Mémé. ;) (Mémé, si tu tournes la tête sur la gauche, tu t’apercevras que ce dernier petit signe, un point virgule suivi d’une parenthèse droite, est en faite une tête qui fait un clin d’œil, il faut avoir de l’imagination mais je sens que tu peux y arriver ;) ).

Allez A+

vendredi 18 mars 2011

Pêche à l'épervier


Bon cela fait déjà quelques jours que j'ai rencontré cette fameuse Emilie (la fille qui était sensée s'occuper de moi et mon stage), il s'avère que c'est une fille très dynamique, très compétente (elle revient juste d'un stage de Master à l'Ifremer de Nouvelle-Calédonie où elle y a découvert la crevette).
Elle vient du Lot-et-Garonne, j'ai presque autant de mal à la comprendre que les tahitiens...;) Elle est très sympa.

Je suis à fond dans les bouquins toute la journée. J'essaie tant bien que mal de combler mon retard de connaissances dans les crevettes et en même temps je m'investis dans d'autres travaux qui ne font pas forcément parti de mon stage.
Hier, j’ai commencé à 6h du matin pour faire un poids moyen de crevettes dans les bassins en terre (chacun des bassins fait environ 500m²), le fait qu'il fasse plus frais le matin contribue fortement à la survie des crevettes que l'on sort de l'eau.
J’étais curieux de voir leur méthode d’échantillonnage avec le légendaire "épervier". Il s’agit d’un filet de pêche.
En faite c'est d’une toile de filet bordée de mailles de fer qui à la fois resserrent la toile et en même temps jouent un rôle de poids. Cette toile coule très rapidement au fond.
C’est apparemment difficile à lancer, mais quand on voit « René » à l’œuvre on pourrait en douter. René est un tahitien d’une cinquantaine d’années qui rigole toute la journée, c’est très agréable de bosser avec lui.
Donc l’échantillonnage s’est fait avec Emilie et René, au menu : capture, sexage, puis pesage des crevettes. Très intéressant. Après ça nos chères crevettes s'en aillent rejoindre leurs congénères (à savoir qu'elles sont mises dans de l'eau à 20°C, (donc très froide ;), pour les anesthésier à l'aide de glace pilée.
Voici René à l'oeuvre:


Cette opération dure tout au plus, une quinzaine de secondes mais est très efficace.







Sinon, comme je l’ai écrit dans un de mes anciens articles, j’aime bien discuter avec les gardiens et ça m’a l’air réciproque.
Il y a un des gardiens, Jean-Yves,  qui m’a avoué lui-même que dans le coin on le surnommait le « Fada ». Pourquoi ? En faite c’est à cause de la pêche, il va pêcher au large avec une barque (déjà ça c’est pas mal) des poissons, accrochez-vous, qui grimpent jusqu’à 250 Kg.
Pas plus tard que la semaine dernière il a pêché un espadon qui faisait justement ce poids là. Mais n’allez pas penser que c’est exceptionnel pour lui,  il pêche très souvent des thons pesant plus de cinquante kilos (il les ramène sur sa barque, il m’a d’ailleurs annoncé que la dernière fois sa barque coulait à moitié quand il a ramené ses deux thons rouges de 80 Kg et un espadon de 100 Kg).

Bon je pense qu’un autre de ces actes a contribué à sa réputation de "marteau". Dans un concours avec ses cousins, il a ferré un thon rouge d’environ 80 Kg (je ne me rappelle pas de tous les poids mais c'était un truc comme ça) et le ramenait sur le bord. Et quand il a été sur le point de le sortir au bord du bateau, l’hameçon se brisa.
Le poisson parta lentement sous leurs yeux (fatigué par son long combat). Ni une ni deux, Jean-Yves prit une corde qui traînait à côté de lui, sauta à l’eau, fit un nœud autour de la queue du poisson pour le ramener. Résultat : il gagne le deuxième prix du concours : 800 000 CFP soit 6600 €…
Il n’est pas fou, il est juste un peu téméraire.:)
Bon je ne raconte pas tout ça pour rien, je lui ai demandé si je ne pouvais pas venir avec lui et il a accepté !
Il a les pieds sur terre et il nous emmène pas dans sa barque(Kévin, un autre stagiaire qui travaille sur la biologie moléculaire avec qui je m'entends très bien, et moi) mais dans une espèce de gros chalutier (bateau de son cousin), un "bonitier" (sûrement relatif au "bonits" un poisson beaucoup pêché dans le coin). Je devrais partir quasiment la journée en mer, un Samedi. Alors je suis content.

Voilà, voilà.